Stéphane MAUNE « Les campagnes de la cité de Béziers dans l’Antiquité (partie nord-orientale)(IIe s. av. J.-C. – VIe s. ap. J.-C.) », éditions Monique Mergoil, Montagnac 1998

Sept-Fonts 2

SPO 027-282

Fosses cultuelles, 200m2

IIe s. av.-début Ier s. av. J.-C.

En 1989, lors de la première fouille de sauvetage à Sept-Fonts, M. Feugère avait pu observer de manière fugace la présence de niveaux du IIe s. et de la première moitié du Ier s. av. J.-C. signalés par des fragments d’amphores gréco-italiques, de campanienne A et d’un fragment de bracelet celtique en verre de la série Gebhard 21b. lors de la reprise de la fouille en 1992, nous nous sommes attachés à mieux comprendre leur organisation et les rapports qu’ils entretenaient avec la grande fosse augustéenne. En effet, les niveaux fouillés de cette époque étant peu nombreux en Languedoc sur des sites ruraux, nous avions ainsi l’occasion d’observer des ensembles susceptibles de préciser le faciès céramique micro-régional. La fouille a fait rapidement apparaître des structures négatives situées sous la grande fosse augustéenne. Celles-ci, au nombre de 18 (repérées et fouillées), adoptent la plupart du temps une forme vaguement circulaire ; quelques-unes ont livré un remplissage homogène, constitué de pierres de moyen module, de tessons et de terre argilo-sablonneuse ; d’autres ont été perturbées par l’installation de la structure augustéenne. Certaines ont été totalement curées et comblées par du mobilier de la fin du Ier s. av. J.-C. Leur profondeur est assez variable ; il semble que certaines fosses aient été recoupées par d’autres ce qui signale une fréquentation diachronique. L’étude du mobilier confirme cette observation : il semble bien que ces fosses aient été mises en place et comblées entre la première moitié et le milieu du IIe s. et le début du Ier s. av. J.-C.

Enfin, les recherches concernant les pratiques cultuelles dans ce secteur du Languedoc permettent de proposer une hypothèse sur la nature et la fonction de ces fosses (v. infra). Il semble s’agir de dépôts votifs liés à un culte chthonien indigène dont on retrouve des traces aussi bien en pays ruthène que dans le sud-ouest de la Gaule.